Moulin à grain depuis l'époque gallo-romaine (présence de meules de cette époque), propriété au moyen âge du Prieuré de Cenon (il n'existe plus, de cet établissement religieux dont on ignore jusqu'à l'emplacement exact, que quelques rares pierres sculptées et un lieu-dit), il fut racheté en 1838 par les frères Mermilliod pour être converti en coutellerie.
Ouvrant l'ère de la coutellerie châtelleraudaise moderne, cette manufacture exemplaire fut le berceau d'inventions capitales, récompensées à l'occasion des grandes expositions universelles de Paris et Londres. Ces trouvailles qui permirent de mécaniser fortement l'industrie et d'utiliser une main d'oeuvre moins qualifiée que par le passé, furent ensuite répliquées le long du Clain par d'anciens contremaîtres (Moulin des Couindres, Moulin de la Glacière, Ets Pagé à Domine, etc...) puis à Thiers. En 1865, Turgan, chargé par Napoléon III de faire l'inventaire des industries de pointe en France et à travers le monde, classe, dans son livre "Les Grandes Usines", la Coutellerie du Prieuré aux cotés des Verres St Gobain, des Cristalleries Baccarat, des Aciers Krupp, etc...comme étant chacune la référence dans leur domaine (Voir lien ci-dessous).
Après plusieurs successions complexes, la coutellerie, en difficulté pour avoir "manqué" le tournant de l'inox, est rachetée en 1939 par Maurice Rocher, industriel spécialisé dans la mécanique. La coutellerie s'éteindra peu à peu au profit de ce type activité. Dès 1939 M. Rocher, pour satisfaire aux besoins de l'armée française, fait raser une des ailes de la manufacture pour bâtir un bâtiment en béton, verre et acier de 20m par 56m. L'activité s'amplifiera sous occupation allemande. Après guerre M. Rocher est condamné et l'ensemble de ses usines est saisi et versé au domaine. Sept administrateurs provisoires se succèdent avant que l'on ne refasse appel en 1952 à M. Rocher. Celui-ci ne saura éviter la faillite de ses anciennes entreprises, vendues aux enchères par le domaine en 1958. Le site de la Coutellerie est racheté par M. Corbon. Celui-ci y maintiendra une activité de fabrication mécanique, puis simplement de maintenance. Lorsque le site ferme avec la disparition de M. Corbon au début des années 1980, il ne reste plus que 3 salariés, et la plupart des bâtiments est ruinée. Depuis lors et jusqu'en 2003, date de mon acquisition, le lieu, à l'abandon et livré au pillage disparaît sous la végétation, tant extérieure qu'intérieure…
La Coutellerie est inscrite à l'inventaire général Mérimée des monuments industriels depuis 1991 (voir lien ci-dessous).
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Inscrite à l'inventaire Mérimée des monuments industriels :
Décrite dans Les Grandes Usines de Turgan (1865) : l'index alphabetique,
http://cnum.cnam.fr/RUB/4KY15-19.pdf
Le texte intégral de Turgan sur la Coutellerie (nombreuses gravures) (Tome 4)
http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?4KY15.4/166/100/326/0014/0325